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IA et métiers du juridique - Comment transformer ses pratiques ?

Recherche documentaire, aide rédactionnelle, synthétisation de documents… l’IA révolutionne peu à peu le secteur juridique. Ce fut d’ailleurs le sujet de notre table ronde lors de notre dernier Petit Dej’ de l’IA où nos speakers ont pu partager leur retour d'expérience !

Pour les métiers du juridique, l’arrivée de l’IA a changé la donne. Dans un secteur fait de nombreux textes, de variables et de subtilités, l’IA permet un gain de temps considérable et d’alléger la charge mentale. 

Ce fut le sujet de notre table ronde lors de notre Petit Dej’ de l’IA de janvier où nous avons eu le plaisir de recevoir :

Afin de connaître leur retour d’expérience et leur utilisation de l’IA dans leur quotidien professionnel. 

“Dans un monde où tout va toujours plus vite, on est en droit de se demander si plus tard les avocats porteront toujours des robes.”

Quels sont les usages de l’IA qui transforment réellement les pratiques juridiques 

Une des tâches récurrentes dans le secteur juridique reste la recherche documentaire : textes de lois, réglementations… Les documents et subtilités sont nombreux et rechercher la bonne information prend donc un temps considérable. 

Camille Fagart nous indique que l’un des cas d’usage les plus plébiscités est donc la recherche juridique via une interface conversationnelle. 

Le collaborateur expose sa problématique et ses attentes et l’IA lui propose un ou plusieurs textes pouvant y répondre, en citant ses sources, sans y passer des heures et de manière intuitive. 

Mais l’IA ne s’arrête pas là, elle peut également fournir une analyse, faire de l’aide à la rédaction, synthèse juridique… en clair apporter un soutien opérationnel à l’expertise des professionnels du juridique.

Sans compromettre la rigueur juridique et la fiabilité des informations, comment construire des IA vraiment utiles ? 

Qui dit professions juridiques dit également besoin de précision, en effet l’IA se doit de toujours sourcer ses réponses afin que chaque collaborateur puisse s’assurer de l’exactitude des propos rapportés par l’agent. Cette fiabilité de réponse dépend avant tout de la qualité des données fournies à l’IA ainsi que de leur structuration. 

Au-delà de la performance technique, l’agent IA doit aussi jouer un rôle de « pont » entre l’expert et le client. Il doit être capable d’expliquer, voire de vulgariser certains concepts juridiques pour une clientèle non-initiée. C’est ce qu’on appelle le « Legal Design ».

Au-delà d’une IA performante, une évaluation des besoins doit d’abord être menée en amont afin de faire correspondre les capacités de la solution IA aux réels besoins de l’organisation, mais aussi respecter les principes de la protection de données et de la RGPD. Passer par un éditeur de solution IA permet alors de se faire accompagner sur ces deux points décisifs lors du déploiement de la solution.

Quels sont les principaux risques liés à l’utilisation de l’IA dans un cadre juridique, et comment les anticiper ? 

Nos quatre intervenants sont unanimes : le risque majeur réside dans l'absence de vérification humaine. Le conseil juridique restant une prestation intellectuelle engageant une responsabilité, il est indispensable de ne jamais prendre pour argent comptant les affirmations de l'IA (gare aux « hallucinations » où l'IA invente des faits).

Intervient également la protection des conseils donnés par les professionnels juridiques, un client peut-être tenté de prendre un compte rendu avec les conseils de son juriste ou avocat pour le donner à un outil d’IA générative “généraliste et grand public” afin que celui-ci lui résume ou lui explique. Une sensibilisation du grand public et des clients est donc également indispensable afin de préserver la sécurité des données. 

Un des risques encore présent aujourd’hui est celui des hallucinations ou quand l’IA donne de fausses informations, il est donc indispensable d’avoir accès à un assistant IA qui sait reconnaitre quand il ne sait pas et ne donne pas de réponse plutôt que d’inventer des textes qui n’existent pas.

Comment une direction juridique peut intégrer l’IA tout en garantissant la sécurité, la conformité et l’acceptabilité en interne ?  

Intégrer l’IA est un parcours qui peut être semé d’embûches. Pour Florence Buisson-Vincent, la priorité est la maîtrise des données : elles doivent être pertinentes, reconnues par les juristes et sécurisées. Au-delà de leur fiabilité et de leur sécurité, les données doivent être “exploitables” par l’IA, là encore c’est tout un travail de structuration et de rédaction afin de garantir une IA performante. 

Les équipes ne sont pas en reste, afin qu’une IA soit majoritairement adoptée, celle-ci doit s’inclure parfaitement dans les processus métiers des collaborateurs, mais aussi dans les outils qu’ils utilisent. Afin qu’elle s’inclue “naturellement” dans leur quotidien, avec une interface simple et des fonctionnalités peu nombreuses mais réellement utiles.

Et ces deux éléments principaux vont de pair, une IA bien intégrée dans les “workflows” mais aussi performante et sécurisée, a toutes ses chances d’être adoptée !

Comment l’IA va-t-elle transformer les métiers juridiques dans les prochaines années ? 

Selon Pauline De Certeau, aucune profession de l’univers juridique n’échappera à l’IA et c’est l’aspect analyse (notamment grâce à l’agentique) qui viendra révolutionner ces métiers permettant de résoudre des problématiques plus complexes avec un maillage presque infini d’informations. 

Mais pour réellement profiter du potentiel de l’IA, tout l’enjeu réside dans le fait de se former et d’avoir un libre arbitre encore plus aiguisé qu’actuellement. 

Gérard Haas quant à lui nous indique que dans les 10 prochaines années, parmi les 10 plus grands risques systémiques, 8 seront dus soit au climat, soit au numérique. Et dans un monde où tout va toujours plus vite, on est en droit de se demander si plus tard les avocats porteront toujours des robes.

Si vous deviez donner un seul conseil à un professionnel du juridique qui hésite à se lancer dans l’IA, lequel ce serait ? 

Florence Buisson Vincent : “Pour un juriste qui hésite, je dirais, testez les IA juridiques et professionnelles, benchmarkez et vous allez voir que vous trouverez une valeur ajoutée à l’IA. Testez, testez, testez et benchmarkez.”

Gérard Haas : “Foncez, foncez, foncez et puis si ça marche, prenez les meilleurs avocats et ils vous défendront.” 

Pauline De Certeau : “Il faut se dépêcher d’aller doucement !” 

Camille Fagart : “Il faut y aller c’est évident, en revanche au-delà de benchmarker, il faut se poser la question de qu’est-ce qui est le plus important pour sa propre direction juridique / cabinet d’avocat. De définir un cahier des charges, car il existe beaucoup d’acteurs.”

Conclusion 

Si l'IA redessine indéniablement les contours des métiers du droit, elle ne s'impose pas d'un coup de baguette magique. La réussite de son intégration repose sur un triptyque exigeant : des données fiables, une stratégie claire et un esprit critique permanent. Bien plus qu'un simple outil, l'IA se révèle alors être un levier de performance, libérant le juriste des tâches répétitives pour lui permettre de se reconnecter à l'essentiel : la relation et le conseil client.

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